Le front d'entrée ouest, donnant sur la "cour du donjon" , est trop détruit pour être ré interprété avec précision. Il apparaît à priori comme analogue au front de la Porte de Lorraine, dans une version renforcée. En effet, le diamètre des tours d'angle y est supérieur ( env. 12 m au lieu de 9m), et, sur le plan du début du XVIIIe siècle, l'ouvrage d'entrée carré apparaît beaucoup plus fort que celui de la Porte de Lorraine, et formait, d'après les textes, une imposante tour-porte de grande élévation. L'épaisseur des courtines elle-même paraît double de celle du front est.
Les vestiges qui en subsistent appartiennent sans équivoque à la campagne de Jean de Baudricourt, caractérisée, on l'a vu, par ses canonnières. La tour nord-ouest (k), qui est l' élément le mieux conservé, a encore les deux premiers niveaux de son élévation intérieure, qui sont absolument homogènes l'un à l'autre, aucun vestige antérieur ne pouvant être reconnu dans l'état actuel des soubassements. Le niveau 1, dont le sol d'origine est recouvert d'éboulis, prend la forme d'une salle-basse circulaire voutée sur croisée d'ogives à quatre branches. Les nervures simplement chanfreinées viennent mourir au nu du parement, sans culots, selon une mise en œuvre qui ne saurait être datée antérieurement au XVe siècle. Cette salle accessible du niveau supérieur par un escalier de pierre traversant la voûte et longeant la courbe de la paroi de la salle, est actuellement aveugle. A l'arrivé de l'escalier, un curieux renfoncement anguleux dans le mur formant une sorte de niche ne peut s'expliquer seulement par la volonté de créer un dégagement d'accès, mais ne semble pas correspondre à une canonnière condamnée. La seule autre percée de cette salle-basse aveugle est une sorte de couloir déparementé et éboulé qui paraît traverser l'épaisseur du mur. S'il a été conçu pour déboucher à l'extérieur, il peut s'agir d'une poterne qui serait sortie dans l'angle rentrant de la tour et de la courtine du front d'entrée. Une poterne occupant un emplacement comparable existe à la tour "du puits" du château de Vignory, qui est une tour d'artillerie du XVe siècle, plus archaïque. Mais à Vignory, l'emplacement de cette poterne est peu vulnérable et dérobé à la vue d'éventuels agresseurs. Tel n'est pas le cas de remplacement de ce couloir de la tour K de Lafauche. En attendant que la suite des sondages entrepris aident à comprendre ce percement, on peut aussi proposer l'hypothèse très plausible d'une latrine murale : en effet, cette salle basse non défensive correspond sans doute dès l'origine à la prison du château: elle est en tous cas désignée comme telle dans l'aveu du prince de ligne en 1683 :
On peut se demander si cette tour, assez peu conforme par son élévation élancée aux modèles de la fortification de la fin du XVe siècle, n'était pas une construction antérieure à la campagne de Jean de Baudricourt. Les termes de l'aveu de Jacques de Vergy en 1446 mentionnent déjà, on l'a vu
D’épaisseur, d'après nos relevés, bien que le plan du début du XVIII siècle puisse le laisser supposer beaucoup plus fort que la courtine de la "Porte de France". Les campagnes de dégagement de l'été 1992 ont permis de remettre en valeur une canonnière à la niche spacieuse du type le plus courant au château. La précision du plan ancien, sur lequel cette canonnière est bien exprimée, seule à gauche de la porte, permet de savoir qu'il en existait deux autres analogues de l'autre côté de la porte. On y remarque aussi que le guichet piéton ne formait pas un couloir parallèle au passage charretier sur toute l'épaisseur de l'ouvrage, mais formait un coude pour se raccorder à ce passage. Le peu qui reste du parement extérieur de cet ouvrage délivre une information forte intéressante: certaines des pierres de tailles comportaient des bossages "rustiques", dont on ne voit plus trace ailleurs dans le château, mais qui constituent une des caractéristiques les plus prégnantes des ouvrages royaux édifiés en Bourgogne, à Dijon, Beaune ou Auxonne, au temps ou Jean de Baudricourt était gouverneur de cette Province. Un dégagement archéologique du fossé qui précédait cette porte permettrait de reconnaître d'autres parties de parement, et la hauteur de l'escarpe.
Cet ouvrage d'entrée en mur-bouclier, grâce à sa grande épaisseur, supportait au dessus du niveau de l'entrée fortifiée des locaux résidentiels composés de quatre chambres, accessibles de plain-pied depuis la cour du donjon. Connue seulement par la description de 1793, qui semble lui attribuer d'ailleurs l'appellation de "donjon",
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